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Table ronde parlementaire virtuelle sur l'Egypte



Le 26 janvier, le Parlement du Climat a tenu une table ronde parlementaire virtuelle avec des députés égyptiens, en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et la Commission européenne (DG INTPA). Nous avons ouvert notre session avec une série de trois présentations.


Rana Ghoneim, chef de la division des systèmes et infrastructures énergétiques à l'ONUDI, a partagé sa vision du rôle de la jeunesse dans la lutte contre le changement climatique, dans le prolongement des recommandations du Forum mondial de la jeunesse organisé en Égypte ce mois-ci. Elle a également présenté la feuille de route pour la COP27 qui se tiendra en novembre prochain à Sharm el-Sheikh. Elle a donné un aperçu des programmes de l'ONUDI en Egypte, expliquant comment l'organisation soutient les efforts du pays dans la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique. Lilia Chanaoui, coordinatrice de réseaux, a ensuite présenté le Parlement du Climat et le Projet d'Action Parlementaire pour les Énergies Renouvelables (PARE), en soulignant le rôle crucial des législateurs pour sensibiliser et mobiliser une volonté politique, élaborer des lois sur le changement climatique, et rehausser l'ambition et les objectifs nationaux de leur pays pour le climat et les énergies renouvelables. Le secrétaire général Nick Dunlop a clôturé cette série de présentations en présentant la Green Grids Initiative lancée lors de la COP26 à Glasgow : une coalition de gouvernements travaillant avec les organisations internationales pour accélérer la construction de l'infrastructure dont nous avons besoin pour alimenter le monde en énergies vertes. Nick a souligné la position stratégique de l'Égypte en tant que point de connexion naturel entre l'Asie occidentale et l'Afrique.


À la suite de ces présentations, la parole a été donnée aux députés pour faire part de leurs remarques et partager leurs propres expériences en Egypte. Plusieurs parlementaires égyptiens ont soulevé la question de la gestion de l'eau. En tant que pays classé par les Nations unies comme un pays en manque d'eau, proche d'une situation de pénurie hydrique grave, cette question est toujours en tête de liste des négociations climatiques pour les Égyptiens. La construction d'un barrage sur le Nil est un sujet de grande inquiétude car ses conséquences sur l'écosystème du fleuve et sur l'environnement, et plus largement ses impacts sociaux et économiques potentiels, sont imprévisibles.


Si tout le monde est conscient de l'énorme potentiel solaire de l'Égypte pour produire de l'électricité, les députés ont mentionné un certain nombre de défis à relever pour que le pays soit en mesure de l'exploiter pleinement. Le désert occidental de l'Égypte offre certes une grande quantité de terres à exploiter, mais la présence de millions de mines, disséminées par les nations européennes pendant la campagne d'Afrique du Nord de la Seconde Guerre mondiale, ralentit les efforts de l'Égypte pour construire des centrales électriques. Les députés ont également soulevé la question du transfert de savoir-faire et de technologie, notamment pour produire les équipements nécessaires tels que les panneaux et les déviateurs pour les centrales électriques. Ils craignent que les coûts de ces centrales restent trop élevés si l'Egypte n'est pas en mesure de les fabriquer sur son propre sol, et ont donc plaidé pour un renforcement des capacités, non seulement pour l'Egypte mais pour tous les pays du Sud en général. En dernier lieu, les députés ont évoqué la nécessité de travailler à l'amélioration des systèmes de stockage. Si le potentiel solaire et éolien dans les déserts égyptiens est très élevé, les députés s'inquiètent néanmoins de la question de l'inefficacité qui pourrait en résulter si l'énergie produite ne peut être stockée convenablement. À cet égard, Sergio Missana, directeur exécutif du Parlement du Climat, a suggéré la solution de l'hydrogène vert fabriqué par électrolyse de l'eau à partir d'énergies renouvelables, une stratégie qui a été adoptée en tant que politique d'État au Chili, et que l'Égypte serait bien placée pour mettre en œuvre également.


Les députés égyptiens ont exprimé leur fierté et leur enthousiasme à l'idée d'accueillir la prochaine COP27 à Sharm el-Sheikh à la fin de l'année, et ont assuré qu'ils travailleraient de concert avec le Royaume-Uni (qui a accueilli la COP26) et les Émirats arabes unis (qui accueilleront la COP28) pour assurer une transition efficace et parvenir aux meilleurs résultats.