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Des parlementaires africains étudient les avantages d'une plus grande interconnexion énergétique


Le 16 mars, le Parlement du Climat a organisé une table ronde parlementaire internationale sur le potentiel des enchères d'énergies renouvelables et de l'interconnexion énergétique en Afrique, en collaboration avec Oxford Policy Management (OPM), dans le cadre du programme de recherche Energy for Economic Growth (EEG). Des députés du Ghana, du Kenya, du Liberia, du Malawi, du Nigeria, de la Sierra Leone, de l'Afrique du Sud, de l'Ouganda et du Zimbabwe se sont joints à nous, ainsi que le Dr Ranjit Deshmukh, professeur adjoint au département des études environnementales de l'université de Californie à Santa Barbara. Ranjit a d'abord été interviewé par le secrétaire général du Parlement du Climat, Nick Dunlop, puis a répondu aux questions des parlementaires.


Ranjit a travaillé sur des outils de planification conçus pour aider les gouvernements et les régulateurs à identifier les meilleurs endroits pour investir dans la production d'énergie renouvelable. Ces outils permettent d'identifier les endroits les plus riches en énergie dans un pays, à la fois pour encourager les développeurs de projets à y construire des centrales électriques, et pour permettre aux responsables politiques de planifier la construction de nouvelles lignes de transmission. En effet, étant donné que la mise en place de lignes de transmission peut prendre environ cinq ans, alors qu'une centrale électrique peut être construite en un an, il est essentiel que les pays aient accès à ce type d'informations afin que leurs ressources puissent être exploitées dans de bonnes conditions et à leur plein potentiel. Ces outils spatiaux sont libres d'accès et peuvent être consultés gratuitement par les pays en développement et les pays plus développés.


Il est important de combiner le développement de nouvelles centrales d'énergie propre avec un plus grand niveau d'interconnexion car les énergies renouvelables sont dépendantes des conditions météorologiques. À mesure que la variabilité des énergies renouvelables diminue sur de vastes zones, les interconnexions nous permettront d'assurer la fiabilité de l'approvisionnement en faisant correspondre plus efficacement l'offre et la demande d'électricité, et de ne plus dépendre des combustibles conventionnels pour combler les déficits lorsque le vent ne souffle pas ou que le soleil ne brille pas. L'Afrique s'étend sur six fuseaux horaires différents, du Cap-Vert à l'île Maurice et aux Seychelles, et lorsque le soleil se lève sur la côte est, l'Afrique de l'Ouest (où il fait encore nuit) pourrait recharger ses véhicules et bus électriques, ou préparer son petit-déjeuner, grâce à l'énergie solaire provenant de l'est. Et inversement, l'Afrique de l'Est pourrait préparer son dîner le soir grâce à l'énergie solaire de l'Ouest. Les pays africains se sont déjà engagés dans plusieurs projets concrets d'interconnexion qui leur permettront d'échanger de l'énergie par-delà les frontières, avec le plan directeur du système électrique continental qui met en place un réseau continental, et le marché unique africain de l'électricité (AfSEM). Ces initiatives sont non seulement importantes pour l'atténuation du changement climatique, mais elles peuvent également faire baisser les coûts de l'énergie en favorisant une plus grande production d'énergie renouvelable, qui est aujourd'hui beaucoup moins chère et plus rentable que les combustibles fossiles. Ranjit a également encouragé les parlementaires à faire pression pour obtenir des conditions plus favorables et des garanties soutenues par le gouvernement lors des ventes aux enchères d'énergies renouvelables, car une concurrence accrue entre les développeurs de projets peut conduire à des coûts de l'énergie encore plus bas.


Plusieurs députés ont fait remarquer que, bien que de nombreux projets soient sur la table, les progrès sur le terrain sont trop lents et ne correspondent pas à la vitesse et à l'ampleur de la progression du réchauffement climatique. Les conclusions du dernier volet du 6e rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), publiées en février, nous avertissent que si nous ne passons pas rapidement des combustibles fossiles aux énergies renouvelables, de nombreuses régions d'Afrique deviendront bientôt inhabitables en raison de conditions météorologiques extrêmes. Plusieurs parlementaires ont expliqué qu'ils observent déjà de graves conséquences du réchauffement climatique dans leur circonscription et ont posé des questions sur la manière, dont ils peuvent contribuer à le combattre. Par le biais de la législation, les députés peuvent adopter des lois promouvant des objectifs plus ambitieux en matière d'énergies renouvelables, ou exercer leur pouvoir budgétaire pour contraindre leur gouvernement à allouer davantage de fonds aux mesures et actions de lutte contre le changement climatique. En Europe, les premières lois et politiques qui ont lancé les marchés des énergies renouvelables n'ont pas été rédigées par des experts gouvernementaux, mais par de petits groupes de députés. Les progrès rapides sont en effet souvent menés par les parlementaires, car ils sont dans une position unique pour accéder à toutes les parties prenantes et à tous les niveaux du système politique. Nous avons conclu cette session en réaffirmant le rôle clé des parlementaires pour générer la volonté politique, qui est la ressource la plus rare dont nous avons besoin pour faire avancer la transition vers les énergies renouvelables.