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Les députés nigérians discutent du prix des énergies renouvelables




Le 13 juin, le Parlement du Climat a organisé une table ronde virtuelle nationale sur le prix des énergies renouvelables au Nigéria. Nous avons été rejoints par Laura El-Katiri, experte en énergie à l'Oxford Institute for Energy Studies, et Nkiruka Maduewke, coordinatrice nationale du Parlement du Climat au Nigéria.


Les intervenants ont donné un aperçu de la situation de l'accès à l'énergie au Nigéria. Selon Nkiruka Maduekwe, malgré sa capacité installée de 18 000 MW, le Nigéria connaît un taux élevé de pauvreté énergétique, un foyer sur trois n'ayant pas accès à l'électricité. Même les ménages qui bénéficient d'un raccordement au réseau sont confrontés quotidiennement à une alimentation électrique instable et à des coupures constantes. Pour cette raison, de nombreux ménages, entreprises et industries, et même des institutions publiques comme la Cour suprême et l'Assemblée nationale, doivent souvent avoir recours à des générateurs diesel. En 2005, le Nigéria a tenté d'améliorer l'accès à l'énergie en ouvrant le marché de l'électricité à la concurrence, mais cette mesure n'a pas donné les résultats escomptés par le gouvernement. En effet, même si cette mesure a permis au pays d'augmenter sa capacité de production, cette augmentation ne s'est pas accompagnée d'investissements suffisants pour moderniser et renouveler les lignes de transmission et de distribution. En conséquence, le Nigéria doit toujours faire face à un grave problème de pertes d'électricité pendant son transport.


Le Nigéria vise actuellement à ce que 30 % de son électricité provienne d'énergies renouvelables d'ici à 2030. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement doit investir au moins 155 milliards de dollars pour améliorer le secteur de la production, et autant pour les infrastructures de transmission et de distribution. Les deux expertes ont encouragé les parlementaires à ne pas penser à la transition énergétique uniquement en termes de construction de centrales électriques et d'installation de panneaux solaires sur les toits, mais à l'intégrer à la question plus large du progrès économique. En effet, le Nigéria pourrait tirer de nombreux avantages indirects de l'accélération de sa transition vers les énergies renouvelables. En tant que premier exportateur de pétrole en Afrique, il est crucial que le pays anticipe la diminution de la demande de combustibles fossiles, car de plus en plus de pays se tournent vers les énergies renouvelables. La transition énergétique offre également de formidables opportunités économiques. Le Nigéria, avec plus de 200 millions d'habitants, est le quatrième plus grand marché de l'électricité en Afrique et possède un énorme potentiel pour les produits énergétiques. La transition énergétique peut également générer des emplois dans un large éventail de secteurs, de la recherche et de l'innovation à la production. Enfin, multiplier les éclairages publics et l'éclairage des petits magasins avec de l'énergie solaire pourrait soutenir l'activité économique locale, car les magasins pourraient rester ouverts plus longtemps, avec une sécurité accrue et une meilleure qualité de vie pour les vendeurs et les consommateurs.


Pour assurer une transition juste pour tout le monde, nos experts ont conseillé aux parlementaires de réfléchir aux politiques énergétiques avec une approche holistique. Les députés peuvent les combiner avec des politiques d'éducation et de formation pour les employés de l'industrie des combustibles fossiles, et les aider à se reconvertir. Laura et Nkiruka ont également insisté sur l'importance de ne pas répéter les erreurs commises par l'industrie des combustibles fossiles. Les projets d'énergie renouvelable à grande échelle, les stations solaires et les parcs éoliens, nécessitent des terres, qui sont parfois habitées par des communautés pastorales et qui ne devraient pas être confisquées à leurs dépens. Enfin, ils ont encouragé les députés à institutionnaliser une culture de la planification, afin de permettre au secteur privé d'avoir un accès transparent à ce que les gouvernements ont l'intention de faire, et par quels moyens et stratégies ils comptent atteindre leurs objectifs.