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Les députés du Zimbabwe parlent de Loi Climat et des impacts du changement climatique dans leur pays


Le 26 avril, le Parlement du Climat a organisé une table ronde parlementaire nationale pour le Zimbabwe, en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) avec le soutien de la Commission européenne (DG INTPA). L'équipe du Parlement du Climat a présenté les conclusions du dernier volet du 6ème rapport d'évaluation du GIEC, en soulignant les conséquences désastreuses du changement climatique au Zimbabwe et dans la région de l'Afrique australe. L'honorable Dr Tapiwa Mashakada a ensuite présenté les conclusions établies suite à la visite d'une délégation de députés zimbabwéens à Kampala, organisée par le Parlement du Climat pour leur permettre d'apprendre de la loi sur le climat votée l'année dernière en Ouganda. Les députés zimbabwéens ont pour objectif de consolider un projet de loi similaire, en cours d'élaboration dans leur pays.


Le Zimbabwe est un pays fertile, qui a traditionnellement été l'un des greniers à blé de l'Afrique. Mais, comme l'a expliqué le Dr Mashakada dans son discours d'introduction, le pays souffre de plus en plus des conséquences du changement climatique et de la variabilité des conditions météorologiques, qui ont sérieusement affecté la productivité agricole. La saison des pluies ayant été plus courte que d'habitude, les sols n'ont pas reçu suffisamment d'humidité pour produire de bons rendements agricoles, et 6 millions de Zimbabwéens auront besoin d'une aide alimentaire,contraignant le pays à importer pour nourrir sa population. Au cours des cinq dernières années, la partie orientale du Zimbabwe a également été frappée par une série d'inondations provenant du Canal du Mozambique voisin. Le cyclone Idai, la dernière tempête tropicale à avoir touché le Zimbabwe, a détruit de nombreuses habitations et infrastructures publiques, causant de grandes souffrances humaines.


En tant que pays en première ligne du changement climatique et conscient de sa vulnérabilité, le Zimbabwe a pris plusieurs mesures importantes pour l'atténuation et l'adaptation au climat. Le pays a élaboré des cadres pour les politiques d'action climatique. Sa politique énergétique vise à réguler les émissions des secteurs industriel, minier et des transports afin de réduire leur empreinte carbone. En 2015, le pays a adopté une stratégie nationale de réponse au changement climatique pour guider la gestion des impacts du changement climatique dans l'économie à l'échelle nationale. Il s'efforce également d'orienter la capacité d'adaptation, d'intensifier les mesures d'atténuation, de faciliter la domestication des politiques mondiales et de garantir le respect des mécanismes mondiaux sur le changement climatique. Pour soutenir la croissance du secteur des énergies renouvelables, le gouvernement a décidé de défiscaliser tous les produits solaires (panneaux de toiture, batteries au lithium, etc.), afin qu'ils puissent être importés sans être taxés, et vendus à un prix raisonnable.


Le pays est en passe d'élaborer une loi sur le changement climatique. Au Zimbabwe, c'est le pouvoir exécutif qui prend l'initiative de la législation, de sorte que le projet de loi est actuellement examiné au niveau des cabinets gouvernementaux, avant d'être présenté au Parlement. Grâce à leur visite en Ouganda, notre délégation de députés zimbabwéens a pu tirer des enseignements importants et s'inspirer de certaines dispositions qu'ils comptent inclure dans leur projet de loi. Avant que le projet de loi ougandais ne soit promulgué, une large consultation des parties prenantes avait été organisée dans tout le pays, avec des contributions écrites. Les conclusions de ces discussions avaient été jointes au projet de loi lors de son passage au cabinet, afin que les recommandations de toutes les parties prenantes puissent être prises en compte et intégrées au projet. Les députés zimbabwéens ont exprimé leur souhait de suivre le même processus afin de faciliter l'acceptation du projet de loi par le public. Tout comme en Ouganda, les députés veulent également utiliser cette loi pour fournir un cadre solide de structures et d'institutions pour superviser la mise en œuvre de l'action climatique à tous les niveaux dans l'ensemble du pays, pour obliger les entreprises et les industries à atteindre certains objectifs de réduction des émissions, et pour fournir des moyens de financement afin de s'assurer que suffisamment de fonds seront alloués pour atteindre les objectifs climatiques du pays. En Ouganda, chaque ministère, lorsqu'il prépare son budget annuel pour approbation par le Parlement, doit soumettre ce budget à un comité indépendant pour certifier qu'il contient des dépenses substantielles pour l'atténuation, la prévention et l'adaptation au changement climatique.


Plusieurs députés ont fait part de leurs préoccupations concernant la disponibilité et la sécurité de l'approvisionnement en énergie. Bien que la situation économique du Zimbabwe soit actuellement dans une phase économique quasi dépressive, le pays connaît souvent des pénuries d'électricité et est contraint d'en importer de l'étranger. Lorsque l'économie se redressera et que les usines rouvriront, la demande d'électricité sera encore plus importante et plus difficile à satisfaire. Pour surmonter ce problème, le Zimbabwe doit s'efforcer d'approfondir l'interconnexion énergétique régionale. Le pays dispose de nombreuses terres arables qui ne peuvent être utilisées pour construire des centrales solaires, mais les pays voisins à l'ouest du Zimbabwe, le Botswana et la Namibie, disposent de nombreux déserts inexploitables qui bénéficient d'un fort ensoleillement. Au sud, l'Afrique du Sud bénéficie de grandes ressources éoliennes, tandis qu'au nord-ouest, le fleuve Congo fournit beaucoup d'énergie hydroélectrique. Toutes ces lignes se croisent au Zimbabwe, et le pays pourrait devenir un point nodal pour le commerce des énergies renouvelables et le réseau électrique continental que l'Union africaine a accepté de construire. Pour viser une transition plus efficace et plus juste, les députés ont également insisté sur la nécessité d'accorder une plus grande attention aux zones rurales. Ils ont souligné l'importance de sensibiliser au changement climatique les communautés rurales, qui contribuent à la déforestation et à la pollution de l'air en brûlant du bois pour cuisiner et se chauffer, car elles ne sont pas bien informées des conséquences et n'ont pas d'alternative. Les députés ont convenu que des panneaux solaires installés sur les toits et raccordés aux réseaux électriques pourraient constituer une bonne première étape pour faire progresser l'électrification des villages tout en réduisant la dépendance à l'égard des combustibles fossiles.